mardi 14 avril 2009

Vers Libre

C'était le mois d'avril. Il y a quelques jours, mère nature perdis ses eaux pour la dernière fois et au bout des flaques d'eau qui se sont formées, la verdure recommençait à renaitre. La grande avenue regorgeait des foules qui faisaient les vitrines. Il s'amusait à se faire rattraper par ses parents, à chaque fois qu'ils manquaient de vigilance et qu'il réussissait à retirer sa main de celle de sa mère. Il n'avait que deux ans, mais, assez d'énergie, de ruses et d'hématomes à donner envie de lui attacher un mouchard. Insoucieux du danger, il vivait dans l'anarchie et la liberté les plus totales, courant dans tous les sens, se heurtant aux jambes des passants qui, en essayant de lui céder un chemin, lui donnaient l'impression d'être le maître de tout ce beau monde à qui on n'ose s'interposer.
Sa maman avait passé tout le début de l'après midi à l'arranger pour une ballade en poussette. D'un ruban rose, elle lui fit des couettes qui la firent encore plus mignonne. Elle la posât par terre pour qu'elle aille vers son papa qui ne pouvait s'empêcher de rire en la voyant avancer à pas d'ivrogne. ils l'installèrent dans le siège de sa poussette et sortirent se dégourdir les jambes. Elle répondait avec des sourires aux passants qui lui envoyaient des clins d'œil et des bisous et les suivait des yeux quand ceux la saluaient avec leurs mains. C'est bizarre comme enfant peu changer l'humeur de toute une société, alors que d'autres, dans des élans de sympathie y échouent bien qu'ils y mettent tous leurs cœurs.
Sur l'allée centrale de l'avenue, un enfant s'arrêta devant une poussette fixant des yeux, une magnifique créature qu'il contempla pour quelques seconde. Son innocence le conjura de l'embrasser et il finit par céder, au bout du compte. Leurs parents les regardèrent, émus, trouvant de la beauté dans cette spontanéité enfantine, et les gens étonnés de voir un môme de quelques centimètres exprimant ses sentiments. Son papa passa sa main dans ses cheveux, caressa sa tête en répliquant: "Comme il est gentil ce bonhomme", "Puisse Dieu veiller sur lui" rajoutât il en regardant ses parents qui venaient d'arriver à grands pas pour le rattraper une nième fois.
Quand ils finirent de s'embrasser, un grand sourire se dessinait sur leurs visages, sincère et innocent. Leurs parents les regardaient d'un regard étonné mais émerveillé, émus de voir cette union sacrée s'entamer avec tant de douceur et d'harmonie, de les voir fiers de leur amour et encore plus de l'afficher. Les invités les regardaient si bizarrement, non habitués, tout comme cette société toujours conservatrice sur ce point, à voir des cérémonies de mariage où on se donne aux baisers, avant de passer aux chambres. Il regardèrent autour d'eux et ils réalisèrent que ce qu'il inventait comme souvenir d'enfance, fictif, ne différait point à ce spectacle qui s'offre à eux. Jamais ils ne se connurent, enfants, mais, ils s'étaient connus tellement assez, pendant ces quelques deux années, qu'ils arrivaient à s'inventer une histoire d'amour aux dents de lait.

3 commentaires:

Ignescence a dit…

Ceci est un nouvel épisode de la nouvelle que vous pouvez découvrir en entier en suivant les liens suivants:
http://ignescence.blogspot.com/2008/06/posie-corporelle.html

http://ignescence.blogspot.com/2008/06/posie-spirituelle.html

http://ignescence.blogspot.com/2008/06/premier-couplet.html

http://ignescence.blogspot.com/2008/07/deuxime-rime.html

http://ignescence.blogspot.com/2008/07/rime-plate.html

http://ignescence.blogspot.com/2008/11/refrain.html

http://ignescence.blogspot.com/2009/01/strophe.html

http://ignescence.blogspot.com/2009/04/vers-libre.html

Extravaganza a dit…

J'ai suivi et aimé les anciens épisodes, et voici un autre qui me touche, j'attends ceux qui viennent mamen ^_^
Bonne continuation

Ignescence a dit…

Ravi que ça te plaise, Moon ;)